Le paradoxe ontologique de la Nature


Voici un sujet qui pour moi est de la plus haute importance ! C'est le point clef de la compréhension de la Nature. La chose essentielle qui permet d'avoir accès à la « connaissance ». Je vais user de grands mots, lâcher des formules savantes ! Et je ne vais pas faire cela par passion pour la complexité mentale, mais bel et bien parce que ce thème pousse le langage humain dans ses retranchements. Face à ce topique, nous dansons à la frontière de la folie, nous flirtons avec les limites de notre cerveau. S'ouvrir à la compréhension du « paradoxe ontologique de la Nature », c'est laisser l'éternel nous prêter son regard. Pour l'ego de l'homme, cela est mentalement incompréhensible, émotionnellement ravageant, et instinctivement incontrôlable. C'est un inconfort suprême qui pourtant détient en lui la réponse à toutes nos questions (même les plus farfelues !).

Ce thème est difficile de part l'impossibilité des langues à retranscrire son essence. Mais je vais quand même tenter le coup ! J'espère donc réussir au moins à vous en insuffler le sens afin que vous puissiez tranquillement cheminer vers une « expérience directe » de ce paradoxe (qui est, pourrait-on dire, la façon dont s'organise la Nature dans les ténèbres. C'est une danse, une parole parfaite. Une fugue aux voix infinies en perpétuelle création. Une symphonie d'une logique illogiquement parfaite. Une composition musicale parfaitement imparfaite et harmonieuse... Voyez donc où je cherche à vous emmener...).

Zénon d'Elée, philosphe antique Grec, pionnier du "paradoxe"

Relation entre paradoxe et connaissance :

Nous parlons, comme à l'accoutumée, de choses concernant le cheminement intérieur. A ce titre, tous les propos que je tiens suivent cette orientation. Il faut donc lire tout ceci en ayant pour « objectif » de parfaire son épanouissement spirituel. Ceci étant dit, continuons...

Il existe un lien particulier entre le paradoxe (que je vais « définir » par la suite) et la connaissance. Ce lien est « l'incompréhensibilité logique » inhérente à ces deux choses. Nous pourrions alors jouer avec le langage pour exprimer cela en disant que :

  • La connaissance mystique est incompréhensiblement compréhensible.

  • Le paradoxe de la Nature est compréhensiblement incompréhensible.

Dans un sens comme dans l'autre, sans interruption ni contre sens de fond même si apparent, ces deux choses sont donc liées. Elles sont liées par plusieurs points. Le premier est l'inaptitude du cerveau à donner un sens rationnel à cela. Le second est l'absurdité inexprimable qui les caractérise. Le troisième est, en quelque sorte, le « bug dans la matrice » qu'ils produisent. La connaissance est une expérience directe qui symboliquement descend de l'éternel pour venir nous frapper dans notre petite existence terrestre. Elle modifie notre perception et notre compréhension, elle nous fait grandir spirituellement, etc. Le paradoxe, lui, est aussi une expérience directe venant symboliquement « ouvrir » notre conscience en court-circuitant notre mental afin de se connecter à l'invisible pour en recevoir sa connaissance. Nous avons donc une première mécanique qui part du haut (l'éternité), pour venir nous toucher en bas (le monde de la matière) ; et une seconde mécanique qui depuis le bas, nous ouvre une porte pour toucher le haut (cela fait en partie écho à un autre article intitulé : « La Voie et ses multiples sentiers »).

En pratique, et pour prendre des exemples concrets, celui qui suit une voie de contemplation par la méditation se trouvera confronté à la mécanique première. En rentrant en méditation, le chercheur de vérité apprendra à attendre que l'éternel descende en lui. Dans l'autre cas, celui qui suit la voie Hermétique se retrouvera confronté à la seconde mécanique. Par l'étude profonde de la Nature, l'étudiant élèvera sa conscience jusqu'à l'éternité (il n'y a pas de meilleur chemin et « tous les chemins mènent à Rome ». Le tout étant de trouver la voie qui nous correspond le mieux. Car oui, il faut quand même, à un moment donné, choisir sa route et s'y tenir. Sans cela, il n'est pas sûr de voir se produire quelque chose de stable).

Un des "carrés impossible" de Maurits Cornelis Escher

Qu'est-ce que le paradoxe ?

Je vais tenter ici de vous livrer ma vision de la chose. Le paradoxe (ontologique de la Nature) est ce qui nous permet à nous, êtres humains, de dépasser la barrière de la raison sans pour autant la perdre. C'est la compréhension, par l'intellect, de la complexité logique inexprimable et intranscriptibe de la Nature. C'est ce qui nous permet (en bonne partie par le sens et l'intuition) de comprendre l'effet papillon de manière parfaitement concevable même si inexplicable dans le détail. En d'autres termes (et pour prendre un référentiel un peu plus moderne), c'est devenir capable malgré nous de voir la matrice, d'en comprendre les plans, les projets, etc. C'est être capable d'en déchiffrer les « lignes de codes » sans même savoir pourquoi ni comment. Ainsi, grâce à cela, l'éternité peut alors nous parler et nous transmettre des messages directement (donc recevoir de la connaissance).

Le paradoxe fonctionne d'une manière bien particulière. Il exprime en chaque instant et en toute chose la totalité de la Nature. Dans tout et son contraire, de manière parfaitement cohérente et contradictoirement équilibrée, le paradoxe s'exprime et nous révèle les mystères de la Nature. Il est le liant entre la raison et la magie, entre la science et l'ésotérisme, entre le cerveau droit et le cerveau gauche (etc). Il permet d'ouvrir la porte qui sépare les contraires afin de retrouver l'unité (et donc une compréhension unitaire de la Nature). Mais il est aussi ce qui permet de vivre sereinement, depuis une soi-conscience unifiée, la fragmentation et la dispersion (relative au monde de la matière). Car dans une perspective spirituellement paradoxale, tout à un sens. On le sait, on le vit, on le comprend et on l’accepte (tout en acceptant de jouer le rôle qui est le nôtre au sein de ce grand chaos codifié se codifiant constamment, sans interruption, conformément à la loi chronologique des ténèbres). Enfin, pour se relaxer les neurones et faire un trait d'humour, nous pouvons donc dire que le paradoxe ontologique de la Nature (quel barbarisme verbal...) est un joyeux bordel très bien orchestré !

Le Chaos ou l'origine du monde - gravure de Picart (dans le temple des muses)

Comment appréhender intellectuellement la chose ?

Vous le savez, je répète cette citation souvent : « la tête sème, le cœur récolte » ! Voilà typiquement le bon moment pour la resservir ! Elle va maintenant prendre tout son sens (en tout cas je l'espère) !

Pour doucement apprivoiser cette étrange créature qu'est le paradoxe, il faut préalablement préparer le terrain ! Il faut donc venir chatouiller gentiment nos idées préconçues sur le monde, l'univers, etc. Ne soyons pas pressants ! Nous avons tous un psychisme construit pour nous adapter au monde, on ne doit pas le violenter ! Auquel cas, on risque de sombrer dans la folie ! Il faut donc avancer document mais sûrement (propre à l’énergie du signe astrologique du taureau). Je vais donc vulgariser pour rendre la chose digeste.

Commençons par une chose très simple. Il s'agit ici de concevoir l'effet papillon (dont j'ai mentionné déjà le nom) de manière caricaturale (pour bien saisir le sens. Car je pense qu'il est toujours plus primordial d'attraper le sens, plutôt que de chercher des définitions). Lorsque que nous faisons une action, nous attendons une réponse logique, une conséquence. Nous sommes donc dans une perception « linéaire », nous avons donc une vision « unilatérale » de ladite action. Pour caricaturer cela, prenons l'exemple d'un papillon. Lorsqu’il se met à battre des ailes (qui est donc une action), la conséquence logique est qu'il s'envole (et nous nous arrêtons très souvent à cela). Mais rajoutons maintenant un élément... En s'envolant, il brasse de l'air (il déclenche donc une autre action). Cet air va se déplacer, et peut-être s’amplifier pour venir perturber le vol d'un corbeau qui passait par là. Le corbeau va donc redoubler d'effort dans son vol et continuer d'agiter l'air qui va continuer sa course plus loin. En suivant cette logique arborescente, de fil en aiguille, petit à petit, la masse d'air déplacée initialement va s'amplifier toujours plus pour terminer par potentiellement provoquer une tempête quelque part sur la planète. Mais peut-être que notre papillon de départ a causé d’autres actions du même type en même temps ! Donc nous avons plusieurs arborescences de conséquences possibles partant d'une seule et unique action de base (ajoutons que ces actions peuvent être réelles ou potentielles). Imaginez maintenant que chaque chose produisant une (ou des) action à chaque instant, en chaque endroit de l'univers, produise des réactions multiples (réelles et potentielles) elles aussi en chaque instant et dans chaque recoin de l'univers entraînant alors une autre vague de réactions (potentiellement ou non, réelle ou pas) démultipliés conduisant alors elles aussi à d'autres réactions etc... etc...

Démocrite, un père de la pensée systémique

En comprenant cela, vous entrez dans une compréhension « systémique » de la Nature. Vous sortez de l’unilatéralisme (qui cependant possède aussi son utilité) ! Vous comprenez alors que nous vivons dans un grand mouvement perpétuel chaotiquement harmonieux où chaque action impacte l’entièreté du système de référence (ce dernier étant : « la Nature »). Cette vision des choses est la porte d'entrée pour comprendre et vivre le paradoxe. Sans perception systémique, on ne peut concevoir la logique de sens du rapport « positif/négatif » au sein d'une arborescence infinies de possibilités. C'est précisément par ce type de vision que l'on peut comprendre profondément, et vivre totalement serein avec la réalité de la « cohabitation pacifique des contraires » (qui est l'origine du fonctionnement de la Nature). Cette « cohabitation pacifique des contraires » (que l'on retrouve dans le processus des « Noces Chymiques » en Alchimie opérative) contient en elle le paradoxe ontologique de la Nature.

Et après ? On fait quoi ?

Une fois que notre être renoue avec cette réalité, il va radicalement voir sa vision des choses se transformer (on pourrait même parler de transmutation pour faire une jolie analogie alchimique). Je pense même, à titre purement personnel, qu'à ce stade de l’évolution de la conscience, le « vrai éveil » (ou contact avec l'éternité) n'est plus très loin... (s'il ne s'est pas déjà manifesté). C'est un nouvel être qui renaît à lui-même, c'est une nouvelle vie qui s'offre à lui, une nouvelle perception de la Nature (etc). Cela ne signe pas pour autant l'arrêt des turpitudes de la vie ici-bas ! Nous restons humain ! L'humilité est de rigueur !

Nous pouvons aussi parler de « maturité spirituelle » bien développée. C'est grâce à elle qu'il nous sera possible de concevoir un monde adapté et respectueux de la nature (notre environnement), tout en progressant technologiquement (sans détruire la planète). C'est grâce à elle qu'il nous sera possible de tendre vers l'utopie (non pas comme un rêve impossible, mais comme une réalité tangible intégrant consciemment les facteurs d'échecs comme des phénomènes naturels parfaitement adaptés au système de base). C'est aussi grâce à elle que nous deviendrons capable de nous auto-gérer individuellement tout en ayant une place au sein d'un groupe avec la conscience des responsabilités que cela implique pour soi, pour le groupe, et pour la vie qui nous entoure. Arrêtons là ! Les bienfaits sont beaucoup trop nombreux pour être listés ! (ajoutons au passage que cela ne rendra pas le monde parfait, juste différent, j'oserais même dire plus adapté) !

La matrice vue par les frères Wachowski

Il ne faut jamais perde de vue que tout changement en nous modifie notre perception de la Nature (dont nous faisons intégralement partie). Si notre conscience évolue vers le divin, si elle croît en direction de l'éternité ; Alors ce que Platon désignait comme « normes » (à savoir : « le bon, le juste, le vrai, le beau ») pourra s'exprimer pleinement en l'être et dans son environnement (ce que je souhaite grandement pour nous tous) !

G.Attewell

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