Le Vide


Nous allons ici parler de quelque chose de bien spécial. Nous allons parler du « rien », du « vide », de « l'abîme ». Qu'est-ce cela ? D’où vient cette envie d'en parler ? Si je seulement je pouvais répondre à cela ! Pour autant, il me semble essentiel aujourd'hui de présenter ce sujet, accompagné principalement de citations de Lilian Silburn (mais pas que !), qui auront pour but de plonger le lecteur dans des considérations que son mental ne peut concevoir. Donc, nous tenterons de faire transmigrer l'être vers sa conscience, ce domaine épuré de tout, ce « vide plein », ce « rien vivant » : « l'Amour divin ».

Quand le marcheur rencontre le vide

Introduction :

Lorsque nous parlons du « vide », nous parlons de l'expérience spirituelle la plus profonde qui soit. Nous nous situons donc sur la voie Mystique, celle de la contemplation qui conduit à la Connaissance de toute chose (contemplation qui d'ailleurs était l'accomplissement de tout grand prêtre de l'antiquité, on peut parler aussi de contact avec l'éternité, avec la lumière divine, etc.). En effet, la voie Mystique ne se contente pas juste de travailler sur le plan « mentalo-psychique », elle désire percer les voiles pour replonger l'être dans sa pure conscience, dans ce monde qui est son origine.

Il faut bien comprendre que la Connaissance tant recherchée par les Anciens ne se situait pas uniquement dans le savoir délivré. Elle se situait aussi à l'intérieur de leur cœur suffisamment ouvert, suffisamment dans l'Amour de la lumière. Pourquoi dis-je cela ? Car c'est le propre du mot « ésotérique » qui étymologiquement nous parle de ce qui émane de l’intérieur. Lorsque que l'être est remonté au plus profond de lui-même, en lui-même, il renoue avec la lumière. Aussi, lorsqu’il ferme les yeux en plongeant dans celle-ci, celle-ci l'instruit, l'enseigne et le rend plus Connaissant. Cela se passe en dehors de tout volonté égotique, c'est la vraie pleine conscience (et non les stupidités de ce siècle qui usent de cette appellation pour vendre des séances de relaxation, rien de plus).

Sur la voie Mystique, nous sommes au-delà de l’au-delà. Nous visons le point de plus haut, et si plus haut existe, nous y allons avec joie ! Voilà l'état d'esprit du Mystique. Voilà l'état d'esprit qui porte ce chemin. Aller toujours plus loin en Dieu, toujours plus profond dans la lumière, toujours plus haut dans l'éternel. Et cela nous amène irrémédiablement à rencontrer ce que les Mystiques nomment : « le Vide ».

Qu'est-ce que le Vide ?

En réalité, il m'est impossible de répondre. Comment expliquer le Vide ? Comment expliquer le rien ? Comment définir le néant ? Comment parler de ce qui n'est pas encore ? C'est tout bonnement impossible ! Comme le dit donc L.Silburn dans le texte « Le vide, le rien, l'abîme » : « En fait le vide mystique est d'une richesse inépuisable. Les pages qui vont suivre ne peuvent en donner que quelques aperçus, illustrés par des impressions vécues de nos jours et par des expériences très vivantes de grands mystiques d'autrefois ».

Ce Vide dont nous parlons est l'essence de ce que nous sommes tous. Il est ce néant originel dans lequel baigne notre conscience pleine d’Amour et de Connaissance, puisque demeurant en Dieu. Elle est en connexion avec tout, et tout est en connexion avec elle. Rien ne peut séparer ainsi les choses dans le monde de l'éternité et de sa pleine conscience. La séparation est une illusion permettant d'offrir le champs d'expérience, c'est ce mouvement créateur qui donnera naissance à l'univers, mais à l'origine de la vie, cette séparation est illusoire.

Le Vide Mystique est donc, pour moi aujourd’hui, la demeure de Dieu, cet endroit ou nous sommes « à la droite du Père ». C'est la « singularité initiale » qui donnera lieu au big-bang, c'est donc l'origine de toute chose où tous les potentiels existent, où tout est possible ; où l'omniscience, l'Amour divin et la puissance créatrice sont présents. Nous baignons alors en cette vie, en cette océan divin au sein duquel notre conscience est une petite goutte d'eau parmi tant d'autres.

Jan Van Ruysbroeck, dit « Ruysbroeck l'admirable »

Citons aussi Ruysbroeck l'admirable qui nous disait : « Imaginez-vous, si vous voulez, une mer immense faite de flammes ardentes et blanches, où brûle la création réduite en feu ; ce feu est immobile, il brûle sur lui-même. L'amour essentiel se possède ainsi, dans la paix brûlante, jouissance de Dieu et des élus, au-dessus de toute forme et de toute pensée » (Jan Van Ruysbroeck – Le livre des sept clôtures).

Si l'on se tourne désormais du côté de la science, nous allons aussi découvrir des choses merveilleuses, des choses qui d'ailleurs rappellent bizarrement (ou non) ce que vivent les Mystiques. Ainsi, en physique, pour observer le vide, nous allons nous tourner vers la physique quantique (qui observe donc l’infiniment petit, afin de comprendre l’infiniment grand). Pour cette science, le vide à proprement parler n'existe pas. L'observation montre en réalité que le vide est rempli d’énergie qui produit de nombreux effets (on parle « d’énergie du vide »).

Entrer dans le royaume des cieux :

Ce domaine incroyable qu'est celui du Vide, n'est pas pénétrable par notre propre volonté, concentration, etc. Une vieille expression nous le dit ainsi : « Les voies du seigneur sont impénétrables ». Et oui ! C'est un pur don de la Nature, c'est un cadeau, un vrai « présent » du ciel. Comme le dit L.Silburn : « […] le Vide mystique ne résulte jamais d'un effort, on ne peut pas même le provoquer ; il s'établit soudain, sans qu'on le cherche, sans qu'on le désire. En conséquence les maîtres des disciplines les plus diverses, chrétiens, indiens, musulmans et autres font dépendre ce vide de la grâce, pur don gratuit et indéterminé ».

Avant de se faire « toucher par la grâce », nous allons devoir contempler notre propre humanité, notre agitation interne, et bien d'autres choses encore. Et tout cela, il faudra l'accepter, et accepter de le dépasser. L'acte contemplatif en soi est bel et bien le résultat d'un gros travail thérapeutique d'une part, mais profondément résilient. On ne peut pas voir s'activer en nous l'acte de contemplation tant que nous n'avons pas pleinement accepté ce que nous sommes, etc.

Contempler (qui veut dire « ouvrir le temple »), c'est ce moment où nous n'avons plus d'action en nous et en dehors. Nous laissons le cours des choses défiler, et nous cessons de faire quoi que ce soit. Cet état est particulièrement perturbant puisqu’il nous plonge dans une sorte de sensation de « ne pas être ». On pourra même presque se sentir décontenancé, se voir « s'abandonner » sans savoir à quoi ni à qui. Cela provoque des réactions, des résistances bien naturelles pour l'ego qui ne comprend pas ce qui se passe dans ces moments-là.

En œuvrant ainsi, on se purifie, on lave notre cœur, notre être, et on avance toujours plus loin vers la paix. L'acte de contemplation est en réalité le résultat, la conséquence logique de cette purification qui s'opère. Plus nous nous effondrons intérieurement, plus nous acceptons de « prendre de la distance » avec cette agitation qui nous habite. Au terme de ce travail, nous pouvons parler de contemplation, car nous changeons d'état. En suivant cela, nous nous rapprochons toujours plus du royaume des cieux, de la demeure divine, donc de notre conscience.

Ainsi l’Évangile selon Matthieu le disait (chapitre 16, verset 24) : « Alors Jésus dit à ses disciples : Si quelqu'un veut venir après moi, qu'il renonce à lui-même [...] ». Nous devons renoncer à nous-même, c'est-à-dire à notre ego. Renoncer ne veut pas dire détruire ! N'entendez pas ce qui n'est pas dit ! Cette parole veut dire simplement que si nous sommes désireux de découvrir la lumière, nous devons alors investir notre énergie à naviguer vers elle. Alors que celui qui vit dans l'ego investit son énergie à vouloir exister, à vouloir posséder, à voir, etc (et celui-là s'enferme toujours plus, et donc ne peut s'ouvrir au niveau du cœur).

A terme de ce processus de purification, quand l'agitation cesse, la lumière nous amène doucement vers elle : « […] En agissant, la grâce commence par précipiter qui la reçoit dans le vide ou ce que l'on appréhende comme tel lorsque l'agitation a pris fin. En effet, la grâce est infiniment délicate, elle pénètre de façon trop intime, trop silencieuse pour qu'on la décèle » (Lilian Silburn – Le vide, le rien, l'abîme).

La galaxie NGC 4303

Conclusion :

La voie Mystique qui conduit par la grâce divine à ce vide qui n'en est pas un, est une voie bien particulière qui au demeurant n'est pas si inadaptée que cela à notre époque actuelle. En effet, elle est simple, épurée de tout rituel, de tout système de croyance, de toute méthode d'accès, etc. Il n'y a qu'une chose à faire, s’asseoir et contempler. Si elle peut sembler difficile pour les occidentaux, c'est uniquement parce qu'ils se sont oubliés dans le mental et dans les joies de la masturbation intellectuelle.

En réalité, les druides savaient aussi faire cela. Notre sang celtique originel est gorgé de cette lumière. C'est pour cette raison que je parle de Magie naturelle qui selon moi est un vrai héritage druidique mystique (et pas que bien entendu). Nous avons oublié que l'origine de toute chose est la lumière, et qu'elle se présente souvent au départ comme un vide, comme un abîme qu'il conviendra de sonder afin de retrouver une Connaissance qui elle, pour le coup, est insondable ; et c'est ce qui rend la chose merveilleuse !

Mais pour parvenir à retrouver tout ceci, cette beauté divine, il va falloir marcher vers l'acceptation de beaucoup de choses. Il va falloir travailler sur soi, en soi, et voir se réduire notre agitation intérieure. Pour cela, il va donc falloir quitter le monde de l'ego, pour préférer celui de la conscience. Cela est difficile dans un monde où le matérialisme est si puissant... Souvenez-vous de l’Évangile de Marc qui disait (chapitre 10, verset 21) : « […] Jésus, l'ayant regardé, l'aima et lui dit : Il te manque une chose ; va, vends tout ce que tu as, donne-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans le ciel ». Car oui, la matière est un poids dont il faut s'affranchir ! Là encore ! N'entendez pas la chose de manière stupide ! Souvenez-vous que les Anciens parlent en symboles, donc en « sens » et non au premier degré !

Si l'on désire ardemment connaître cette lumière divine, ce Dieu, il faut alors accepter de renoncer à l'embourgeoisement de notre ego. Il faut renoncer à l'existentialisme outrancier, celui qui nuit à notre élévation spirituelle. Bien sûr il faut vivre décemment ici-bas. Il faut de quoi s'abriter convenablement, se nourrir suffisamment, etc. Mais rien de plus ! Nous n'avons pas besoin de posséder 3 maisons, 4 voitures, et je ne sais quoi d'autre encore ! Nous avons besoin de vire confortablement, rien de plus.

Saint Marc par Jean Bourdichon (dans Les « Les grandes heures »)

Il en va de même pour notre vie intérieure ! Nous n'avons pas besoin de nous encombrer d'un tas de savoirs inopérants. Trop de pseudo-maîtres nous racontent un ésotérisme intellectuel, mental, psychique, rempli de concepts, de méthodes, de systèmes, etc. Tout cela à l'inverse des Anciens qui finalement conservaient un savoir essentiel et simpliste. Notre véritable objectif, pour ceux qui marchent sur un sentier intérieur sincère, est l'éveil à notre conscience, l'éveil à notre véritable nature. Cela va bien au-delà de l'ésotérisme superficiel qui capte l'attention de tout le monde aujourd'hui.

Mais il est bien clair que l'ego préfère ce qu'il peut posséder, et non un Vide immensurable au sein duquel il sera dissout, et à l'intérieur duquel il ne peut s’agripper à rien ! Mais ce Vide ne le détruira pas, il le transformera, et le remplira d'Amour ! Voilà ce qui lui est impossible de percevoir, et voilà pourquoi par peur il s'en écarte. Le Vide est la seule destination possible authentique et véritable spirituellement. Elle est cette seule destination possible qui nous conduira à terme au royaume de la lumière, à notre conscience, et à la vraie Connaissance de la Nature (et cela est le vœux de toutes les grandes traditions de l'antiquité telles que, par exemple : « le christianisme, l'hermétisme, le zoroastrisme, l'islam, le bouddhisme, le taoïsme, le druidisme », et j'en passe).

Finissons par ces mots magnifiques : « N'est-il pas évident, dit Tchoang-tzeu, que vide, paix, contentement, non-agir, silence, vue globale et non-intervention sont la racine de tout bien ? Qui a compris cela... pourra régner, comme un roi, sur la destinée des hommes ; ou, comme un Sage, sur leurs esprits ».

G.Attewell

Liens des images:

- http://walkthroughmakers.xooit.fr/t225-Fond-d-ecran-de-votre-burau.htm?start=105

- http://www.foret-de-soignes.be/suivez-les-traces-de-jan-van-ruusbroec/

- https://jornalggn.com.br/ciencia/galaxia-descoberta-em-1779-tem-a-imagem-mais-nitida-ja-revelada/

- https://en.wikipedia.org/wiki/Mark_the_Evangelist

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